Cycle 2016 « archives rêvées, mémoires de peintres »


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Exposition « Archives rêvées, mémoires de peintres »

Du 20 octobre au 10 décembre 2016 les Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine accueilleront l’exposition « Archives rêvées, mémoires de peintres » ainsi qu’un colloque de deux jours sur la thématique de l’archive et du document dans l’art contemporain et plus particulièrement chez les peintres. Vernissage le 19 octobre à partir de 18h avec des performances. Colloque les 20 & 21 octobre. Cet événement reçoit le soutien du Labex Arts-H2H et est co-organisé par la Macc, le laboratoire AIAC de l’Université de Paris 8 et les Archives nationales, en partenariat avec les galeries Bernard Ceysson, Jean Fournier et Bernard Jordan, Paris.

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Communiqué de presse « Archives rêvées mémoires de peintres »

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Le samedi 21 mai 2016 à 16h
à la galerie Jean Fournier
Archives rêvées, mémoires de peintres, Jean-François Maurige
Avec Jean-François Maurige, Christophe Cuzin (artiste), Romain Mathieu (historien d’art) et Céline Leturcq (modération).
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Archives rêvées, mémoires de peintres Projet Labex ARTS-H2H 2016

Colloque 20 et 21 octobre 2016

Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine, 59 rue Guynemer 93383

Auditorium

 

 

Dans la suite de deux colloques : Esthétique de l’écran, 2010, (dir. Eric Bonnet), INHA, et Peinture : entre archaïsme et modernité, entre mythe et réalité, 2014, INHA, (dir. Isabelle Herbet, Céline Lubac, Eric Bonnet), nous organisons un projet de recherche articulé à la pratique de l’exposition. Les Archives nationales nous apportent leur partenariat dans le cadre du Labex Arts H2H.

Dans une exploration continue du médium peinture dans le champ de l’art contemporain, un cycle pluriel d’expositions a lieu durant toute l’année 2016 à la maison d’Art contemporain Chaillioux, Fresnes, et dans les trois galeries d’art contemporain de renommée internationale avec qui elle travaille en réseau : Galerie Bernard Jordan, Paris-Zurich, Galerie Jean Fournier, Paris, Galerie Bernard Ceysson, Paris-Genève-Luxembourg-Saint-Etienne. Une exposition de synthèse aura lieu aux Archives Nationales du 19 octobre au 17 décembre 2016. 

 

En prenant appui de ces expositions, un colloque aura lieu les 20 et 21 octobre 2016, qui traitera de la question de l’archive et de la mémoire dans la pratique picturale. Ce questionnement renvoie directement aux pratiques de l’artiste dans l’atelier.

Comment définir une archive ? Trace historique, acte public, fait politique, fait divers, indice, pièce à conviction, document, traité, accord économique, document personnel, marque mémorielle, objet de collection, conservés avec neutralité et système, sur lesquelles le temps va stratifier son action, opérer un tri, prendre sens ou disparaître dans l’insignifiant. Qui sait la pièce, le détail, le fragment qui fera date, qui sera jugé essentiel dans le futur, qui sera l’élément déclencheur d’une future construction, d’une fécondité dans un présent actualisant ? L’archive est tournée vers le futur. Conserver quelque chose, c’est se réserver un futur antérieur. L’archive arrime l’objet choisi et la modalité de son archivage1. L’artiste ne fait pas le même usage de l’archive que l’historien, que l’archéologue ; il n’est pas tenu par une forme d’objectivité historique, de neutralité dans le traitement des objets, des traces. Il fait usage du passé, il focalise sur certains détails, fragments, et il construit un présent avec ces traces du passé, il autoproduit une archive. Faire œuvre c’est faire archive. Œuvre après œuvre, le temps de l’artiste s’inscrit, chemine, se recycle ou fait rupture. L’oeuvre d’un artiste est une archive autoprésente. L’élaboration d’une œuvre convoque toujours des images déjà-là dans la mémoire du peintre, ou des images concrètes qu’il collecte. Comment une œuvre se fabrique-t-elle à l’atelier ? Comment l’artiste vit-il une relation avec le passé qu’il actualise et dépasse dans le moment de la création ? De quel passé s’agit-il ? Un passé singulier historique, un passé objectivé ou phantasmé ? Comme autant d’images plurielles convoquées sans être là, notre mémoire agit sur notre conscience et notre geste de façon automatique et indirecte.Certains plasticiens, comme Bernard Moninot, proposent une lecture principielle du geste de mémoire, ancré dans la vie des éléments manifestes : pierre, verre gravé, eau, feuille de papier Ces matériaux sont autant d’objets de mémoire et à mémoire, qui fabriquent autant qu’ils répertorient. Comment la peinture en tant que matériau de recouvrement, de l’opaque au diaphane, interroge-t-elle la mémoire du regard, de celui qui s’y adonne, et de celui qui la contemple ensuite ? Une peinture n’est-elle pas fondamentalement une archive qui s’efface et se constitue au fur et à mesure de son élaboration, strate par strate ? L’archivage, chez les peintres, n’est pas nécessairement associé à des problématiques historiques. Avec son Journal d’Il, l’artiste Gérard Duchêne a mis en place une entreprise autobiographique : mais son journal intime ne pourra jamais nous être révélé. Son écriture devient illisible. Le lisible dissimulé devient matériau à voir, où le témoignage archivé devient un appareil qui fabrique de l’œil et du regard. Quels sont les artistes, qui, actuellement, utilisent intimement des documents ? S’agit-il de documents privés ou de documents publics ? Quelles formes d’archivage pratiquent-ils ? En remettant en question la linéarité de l’histoire individuelle et collective, le geste de collectage de l’artiste, tel celui de Patrick Saytour dont l’atelier conserve un grand nombre d’objets paradigmatiques d’une époque et d’une culture : balatums, porte-manteaux en bois, faux-cuir et fourrures, abat-jours, etc., l’artiste nous incite à revisiter la périodicité de son époque, associée à ces objets de la vie moderne, par le biais de ses propres investigations. Aussi, une véritable archéologie culturelle et sociale se met en place. Quels sont ceux, qui, au contraire, lâchant prise, tentent coûte que coûte, de s’identifier à leur geste, dernière trace d’une écriture succincte bientôt disparue ? Christophe Cuzin revendique une peinture ouvrière, manufacturée. Son œuvre s’effectue dans l’espace architectural, elle archive la typologie d’un lieu, et en serait comme sa mémoire, à travers une réalisation éphémère mais extrêmement documentée, notamment grâce à photoshop et à la conservation d’un fichier informatique. Le fait que l’œuvre disparaisse après chaque exposition promet qu’elle puisse recommencer ailleurs. Dans quelle mesure l’œuvre peinte interroge-t-elle la mémoire singulière et la collectivité, dans ses projections passées et à venir, dans son rapport à la langue ? Les expositions présenteront les œuvres d’un certain nombre d’artistes, mais également leur cheminement personnel à l’atelier, à travers la présentation des traces témoignant de l’élaboration de leur œuvre : carnets, cahiers, notes, images accumulées, accompagnant leur parcours. La peinture, comme l’archive, n’est-elle pas un territoire privilégié de l’oubli autant que de la mémoire? Notre interrogation nous amènera ainsi à considérer l’espace peint et l’espace dessiné comme des lieux où l’oubli devient actif, et par là, absolument nécessaire.

Direction du colloque :

 Eric BONNET, directeur du Labo EA 4010 AIAC Arts des images et art contemporain, Céline LUBAC, Ater, Université Paris 8, Marcel LUBAC, Directeur de la Maison d’Art Contemporain Chailloux, Fresnes, Françoise LEMAIRE, Conservateur en chef des Archives nationales

 

Partenaires :

Galerie Jean Fournier, Paris, Galerie Bernard Ceysson, Paris, Galerie Bernard Jordan, Paris

 

1Jacques Derrida, Trace et archive, image et art, Collège iconique INA éditions, 2014, Avant-propos de François Soulages, p. 6.